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Aout 2010:

 

 

 La naissance m'obsède. L'histoire de la naissance me passionne. J'ai décidé de me pencher sur l'histoire de la naissance dans le département sarthois, et en particulier, l'histoire des naissances illégitimes.

 

Pour l'instant, je me contente de compiler des actes de naissances pour le moins originaux, qui sortent de l'ordinaire.

 

J'espère pouvoir un jour publier un article à ce sujet.

 

Cet article sera d'abord proposé aux archives départementales d'où proviennent les sources, puis au cercle généalogique et historique auquel j' adhère. Enfin, je le mettrai en ligne.

 

Le chemin est encore long......Alors, si certains souhaitent en faire un bout avec moi, contactez moi. 

 

 

Décembre 2013:

 

 

 

 

 

Comment se déroulait une naissance dans la Sarthe au XVIII° siècle?

 

Pour quelles raisons  la naissance et le baptême sont-ils liés?

 

Comment se déroulait le baptême?

 

Comment se passait l'accouchement ?

 

Toutes les naissances ne se ressemblent pas. Alors, au fil des pages, la lecture d'actes de baptême

 

nous ouvre les portes sur les diverses façons dont nos aïeux sont venus au monde dans la Sarthe du

 

XVIIIème siècle.

     

 

Cette synthèse est accessible librement aux archives départementales de la Sarthe.

 

Vous pouvez vous la procurer au format PDF (gratuit) ou en version papier en cliquant sur ce lien.

 

Envoyez-moi un mail pour recevoir le PDF.

 

  http://www.thebookedition.com/naissances-chable-corinne-p-104265.html 

 

 

Vous pouvez aussi  lire ce qui suit et suivre les liens que j'ai pu placer sur les sujets étudiés:    

 

 

Naissance et Baptême :

 

 

Au XVIII, naissance et baptême sont indissolublement liés.

 

Selon les Evangiles, le baptême est indispensable pour entrer dans l’Eglise et avoir accès au Royaume de Dieu. Pour les Chrétiens, il est la véritable naissance humaine : il marque le passage de la chair à l’esprit, de la nature à la culture. Les premiers baptisés furent les adultes mais dès le IIème siècle, l’usage de baptiser les enfants s’est imposé.

 

L’enfant doit être baptisé au plus vite.

 

 

 

Quelque part entre le Purgatoire et le Paradis : les limbes

 

 

 

La mort d’un individu n’ayant pas reçu le baptême est une catastrophe. Le petit qui meurt sans baptême plonge sa famille dans l’affliction : pour lui, pas d’obsèques chrétiennes, pas de place au cimetière, pas de salut éternel alors que les innocents baptisés vont tout droit au paradis et qu’ils peuvent intercéder pour leurs proches. L’enfant décédé sans avoir été baptisé est condamné à errer éternellement dans les Limbes, quelque part entre Purgatoire et Paradis. Jamais il n’en sortira, même  le jour de la résurrection générale.

 

C’est une  perspective que nos ancêtres redoutent d’autant plus que la mortalité des nourrissons est extrêmement forte. De ce fait, tout nouveau-né doit être baptisé dans les 3 jours. Alors, dès qu’il est emmailloté, le bébé est emmené à l’Eglise, généralement par son père, qui se fait accompagner du parrain et de la marraine. Il faut aller vite alors, si  le curé est absent, il n’est pas question de revenir plus tard : il faut aller jusqu’à la paroisse  voisine. Voilà qui explique  que dans les familles nombreuses, les actes de  baptême des enfants d’un même couple sont parfois à rechercher, disséminés  dans les registres des paroisses alentours.

 

 

 

 

Naissances multiples

 

Au XVIIIème siècle, l'accouchement est avant tout une affaire de femmes. Il se déroule d'ordinaire au

Domicile de la future mère qui est entourée de ses parentes. En cas  de naissance particulière, comme lors de la naissance de jumeaux, on va chercher la "sage-femme". Toutes les observations confirment une forte mortalité infantile des jumeaux dans les siècles passés.

 

 

Les causes généralement mises en avant pour expliquer cette surmortalité  sont la faiblesse du poids de naissance, la prématurité, l’hypotrophie et les complications inhérentes à la nature de l’accouchement multiple. Or, l’accouchement n’est pas encore un acte médicalisé. Le médecin n’est pas présent. Si, dès 1630,  à  Paris, les sages-femmes venaient  apprendre leur métier à l’Hôtel-Dieu, dans la Sarthe, c’est en 1780  que, suite à l’arrêt du conseil du Roi du 7 mai 1779, les cours d’accouchement en faveur des sages-femmes débutent.

 

Lorsque le bébé paraît trop fragile, en danger, la sage-femme peut l’ondoyer.

 

L'ondoiement est une cérémonie simplifiée du baptême utilisée en cas de risque imminent de décès ou lorsque l’enfant paraît faible  et qui se limite à verser de l’eau sur la tête de l’enfant en prononçant les paroles sacramentelles : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Par la suite,  le curé note cela dans son registre, parlant alors d’un enfant «  baptisé sous condition » ou « ondoyé ».

 

Par ces gestes, les parents ont l’assurance de ne pas perdre leurs enfants dans les limbes au cas où leur fragilité ne leur permettrait pas de survivre.

 

 

 

Des naissances parfois difficiles : chirurgien, césarienne, forceps et machine de Coudray

 

On le constate tous en remontant notre arbre généalogique, la mortalité féminine entre 25 et 45 ans est importante: nous avons trop souvent observé  les décès de nos aïeules quelques jours  après la naissance de leur dernier enfant. Au XVIII° siècle, le terme d'une grossesse est une aventure périlleuse. Les accouchements difficiles sont fréquents et souvent mortels.

 

Est-il besoin de préciser le caractère exceptionnel de la présence du chirurgien? Il apparaît dans quelques actes et ce n’est jamais de bon augure. Cela laisse deviner  un accouchement particulièrement pénible.

 

En effet, parfois, le bassin trop étroit  d'une jeune femme  ne peut laisser le passage au futur enfant. Il arrive aussi que l'enfant se présente mal, par le siège par exemple. Et, on l'a vu, l'accouchement est avant tout l'affaire des femmes de l'entourage. On accouche, aidé de sa mère, belle-mère, tante, voisine...qui n'ont d'autres expériences que leurs propres accouchements. Mais lorsque l'enfant se présente mal, mère, soeurs, belles-sœurs ou voisines sont bien démunies. Tout juste peuvent-elles courir chercher secours auprès  de la sage-femme  qui ne dispose, elle aussi, que de son expérience. Elle n'a ni instruments ni formation.

 

" Que faire sinon attendre  que la nature veuille bien d'elle-même mettre un terme aux souffrances. » (1)

 

Il reste cependant l’ultime solution d’aller chercher secours auprès du chirurgien.

 

Cette alternative  reste exceptionnelle, d’une part à cause des frais qu'entrainerait son intervention et d’autre part, à cause du préjugé qui s'oppose à ce qu'un homme s'occupe d'accouchement.

 

Dans la seconde moitié du XVIII° siècle, de plus en plus nombreux sont les chirurgiens qui, en ville, tentent et souvent réussissent  la césarienne en cours d'accouchement, sauvant ainsi  la vie de la mère et celle de l'enfant.

 

Face à l'importante mortalité  des femmes en couches et des nouveau-nés,  de nombreuses enquêtes sont menées. Elles aboutissent à la décision de prendre en charge la formation des sages-femmes afin d'améliorer les conditions de l'accouchement. Les cours d'accouchement se développent, des écoles de sages-femmes s'ouvrent. Mme Angélique-Marguerite Le Bourcier du  Coudray, sage-femme parisienne, met au point une "machine", mannequin représentant le bassin et le fœtus, afin de montrer les mécanismes de l'accouchement. En 1767, elle obtient un brevet royal l'autorisant  à parcourir le royaume afin d'enseigner son art.

 

Pensez à visiter le site des archives de Tours au sujet de la formation de Mme de Coudray en suivant ce lien:

http://archives.cg37.fr/Actualite.php?theme=3&idactualite=39

 

Le forceps, qui fait son apparition à la fin du XVII° et qui est largement vulgarisé par M. Levret, reste cependant interdit aux sages-femmes et il faut attendre la moitié du XX° siècle pour que la technique de la césarienne  devienne une opération chirurgicale paramétrée et fiable.

 

Dans la Sarthe, depuis 1780, des cours d’accouchement sont dispensés chaque année aux sages-femmes qui désirent se « renouveler » ou se « perfectionner ».  En 1784, c’est le professeur M. Livré qui enseigne, accompagné d’un chirurgien, M. La Roche qui « fait les démonstrations ». Les curés sont chargés de présenter les sages-femmes auprès de ces deux spécialistes afin de ne pas voir affluer trop d’élèves.

 

Dans cette petite étude, la lecture d'actes de baptême nous ouvre les portes sur les diverses façons dont nos aïeux sont venus au monde dans la Sarthe du XVIII° siècle.

 

Si cette étude vous plait, vous pouvez acheter mon livre sur le site de Thebookedition en cliquant sur ce lien:   http://www.thebookedition.com/naissances-chable-corinne-p-104265.html   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #La faiseuse d'histoires

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