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Ces notes ont été prises à l'occasion  d'une "enquête" menée sur la disparition d'un soldat de la guerre de 1870, Jean Alexandre Châble, mobile sarthois.

De cette enquête est né un livre:

 

 

En tentant de retracer le parcours de jean Alexandre Châble durant la guerre de 1870, je me suis demandée de quelle manière sa mère, Anne Dhommée, appelée "veuve Chable", avait pu supporter ces mois de guerre.

Ses deux fils partis dès le mois d'août, elle restait au Grand-Lucé avec sa fille Augustine et sa mère Louise Lemoine. Parvenait-elle à se tenir au courant de l'évolution de la guerre? De quels moyens d'informations disposait-elle ?

Anne, Jean Alexandre ou Louis son frère , ne savaient ni lire ni écrire. A-t-elle traversé les mois de guerre sans recevoir aucune nouvelles de ses deux fils?

Une fois la guerre terminée, comment a-t-elle traversé l'attente du retour de ses deux enfants?

Je sais qu'en décembre 1870, les troupes du 33ème auquel appartenait Jean Alexandre sont passées au Grand-Lucé. J'ai alors imaginé qu'Anne Dhommée et Augustine étaient venues au devant des troupes espérant sinon lui parler, au moins l'apercevoir. Je n'imaginais pas qu'elles aient pu resister au désir d'avoir de ses nouvelles. Je n'imaginais pas qu'elles aient pu rester indifférentes au sort  de Jean Alexandre.

Sachant qu'il est décédé à Orléans en janvier 1871, que son acte de décès n'a été retranscrit qu'en mars 1872 à la mairie du Grand-Lucé, et que son nom avait été écorché, j'en ai déduit que  son identification n'avait pas été simple à réaliser.

Je me suis demandée à quel moment Anne avait eu la confirmation que son fils était décédé. De nombreux soldats, soignés loin de chez eux, restés dans les hôppitaux ou même emprisonnés en Allemagne sont revenus tardivement chez eux. Les retours à leur domicile de certains soldats se sont échelonnés sur toute l'année 1871, maintenant angoisse alternativement à l'espoir dans les familles. Je me suis demandée comment Anne avait pu vivre cet "disparition", cette attente du  retour qui n'en finissait pas.

Cela devait être insoutenable. J'ai alors pensé qu'elle avait dû entreprendre des démarches auprès des autorités, faire une déclaration de disparition et qu'une "recherche de militaire disparu" avait été effectuée.

J'ai consulté les registres relatifs aux disparitions et aux recherches de soldats aux archives de la Sarthe sans trouver aucun document pour étayer ma thèse.

Cependant, j'ai fini par trouver un document qui répondait à toutes mes interrogations.

Mais ce sont les archives municipales d'Orléans qui conservaient les documents dans le registre 4 h 27 ( guerre de 1870-1871: militaires et civils blessés, décédés ou disparus)

 

-Anne s'est bien rendue auprès des troupes en décembre 1870 afin de  voir jean Alexandre.

Elle a questionné ses compagnons et a appris qu'il était hospitalisé à Orléans

-Anne a attendu son retour de longs mois, patientant, attendant les derniers retours. Elle a patienté jusqu'en décembre 1871. N'y tenant plus, elle est allée à la mairie faire une demande de recherche de militaire disparu. Le secrétaire de mairie a rédigé une lettre faisant part de l'inquiétude d'Anne et l'a adressée à Orléans.

Les autorités orléanaises ont  retrouvé la trace de jean Alexandre dans les registres de l'Etat civil où son décès avait été retranscrit et son patronyme écorché. En Janvier 1872, le lien entre le soldat décédé à Orléans à l 'ambulance Saint Charles et la disparition de Jean Alexandre est effectué.

En mars 1872, l'acte de décès a été retranscrit dans les registres du Grand-Lucé.

 

Anne a bien recherché son fils.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

archives municipales d'Orléans, registre 4 H 27
archives municipales d'Orléans, registre 4 H 27
archives municipales d'Orléans, registre 4 H 27

archives municipales d'Orléans, registre 4 H 27

Tag(s) : #Guerre de 1870

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